La grâce des brigands – Véronique OVALDÉ

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J’ai terminé la semaine dernière le roman de Véronique OVALDÉ intitulé La grâce des brigands.

Le titre m’avait plu.

En voyant que l’auteur était Véronique OVALDÉ, que j’avais déjà découvert en lisant avec plaisir, il y a quelques années, Ce que je sais de Vera Candida, je n’ai plus hésité.

« La grâce des brigands » : moi j’y lisais immédiatement que des êtres de mauvaise morale à l’honnêteté défaillante, des voyous, pouvaient se dégager une certaine grâce, une certaine élégance. En somme, ce titre donnait à penser la beauté du vice.

Selon PtitSuper, « La grâce des brigands », c’était évidemment le fait de gracier un bandit.

En empruntant ce livre à la bibliothèque, pas une seconde je n’avais pensé à cette autre interprétation du titre, juridique et bien logique en fait ! (#AvocateEnCartonBonjour ! Ahah !)

Finalement, PtitSuper et moi avions tous les deux un peu raison.

Dans ce roman, Véronique OVALDÉ nous conte l’histoire de Maria Cristina Väätonen et, ce faisant, illustre à la perfection ce paradoxe très subversif et tellement littéraire: l’assez irrésistible charme du vice et sa perduration par rapport à l’honnêteté et la loyauté. Un peu comme ce fameux adage : « ce sont toujours les meilleurs qui partent en premier ».

Maria Cristina Väätonen est une jeune fille de 16 ans lorsqu’elle quitte la ville de son enfance pour s’installer à Los Angeles, dans la ville de Santa Monica, au début des années 70.

Le roman trace donc le parcours initiatique de cette jeune fille brillante, élevée par une mère bigote voir fanatique (s’épiler les jambes = vouloir séduire = tu es possédée par le diable ma pauvre fille !) et un père gentil mais rendu taciturne par une telle épouse. Maria Cristina Väätonen a une sœur aînée dont la jalousie n’a d’égal que le caractère colérique et tempétueux qu’elle développe à l’opposé de celui de Maria Cristina : ténacité silencieuse.

L’enfance des deux sœurs s’écoule très modestement dans la bourgade du grand nord où leurs parents ont élu domicile jusqu’au jour où un grave incident aux conséquences irréversibles survient durant une session de jeu des deux enfants.

Maria Cristina se pare alors d’un habit non choisi mais qu’elle devra désormais subir en dépit de la suffocation mentale qu’il lui inflige: la culpabilité.

Deux ans après cet incident, Maria Cristina Väätonen s’en va. Quitte la ville de son enfance, l’éducation restrictive de sa mère et la bonté silencieuse de son père.

Il est temps de devenir.

Devenir par soi-même.

Seulement voilà : il ne suffit pas de quitter son pays pour s’émanciper et libérer son esprit. Car il est bien connu que l’on n’est pas de son pays ; On est de son enfance.

Maria Cristina Väätonen fera des rencontres d’amitié et d’amour, charnel comme filial. Elle croira aimer lorsqu’elle sera en admiration. Elle pensera être désirée lorsqu’elle ne sera finalement que possédée. Elle aura confiance quand il faudra se méfier et sera blasée au moment où il aurait fallu être prudente.

Mais Maria Cristina, surtout, écrira. Ce qui est une semi-guérison face à toutes les confusions, toutes les petites morts infligées par la vie.

Je n’en dis pas plus car il faut le lire pour savoir.

Mais ce que je peux vous dire et c’est ce qui rend l’écriture de Véronique OVALDÉ si appréciable : c’est que rien, jamais, ne dégouline. Les portraits de femmes que dessine cet auteur dans chacun de ses romans sont toujours criants de vérité dans leur pudeur. Et aussi, c’est bête à dire mais tellement vrai : ce sont des portraits de femmes courageuses.

Et quand je vous parle de courage, prenez le au sens noble du terme : je vous parle de cette endurance née de l’habitude des situations difficiles, de l’apprentissage du danger. Ce courage qui imprègne la vie des êtres qui s’en emparent de tant de volonté et de dignité.

Ce courage qui est, ainsi que le rappelait Chardonne, la grande épreuve du cœur. Or, qu’y a-t-il de plus essentiel que cet outil de pulsation vitale: le cœur ?

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