La grossesse: cette folle aventure

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Maternité08-02-2012

Dans quelques semaines, normalement et si tout va bien, je deviendrai ce que l’on appelle une « maman ».

Je ressens le besoin de faire un retour sur les derniers mois et sur cette grossesse qui aura duré si longtemps et si peu à la fois. Cette expérience physique, mentale et même métaphysique offre en effet à penser de manière extrêmement riche et je crois que, dans quelques semaines, je n’aurai plus le temps (ni l’énergie !) de venir ici faire un bout de cette réflexion à rebours, alors autant profiter de ces derniers jours avant l’accouchement pour faire « un point » et partager ça avec vous.

Je suis actuellement au début de mon 9e mois de grossesse et je crois pouvoir dire que, contrairement au processus habituel, plus le temps a passé et plus c’est devenu facile.

Je m’explique : il m’a souvent été dit que le dernier trimestre serait difficile, que je me sentirai lourde et que j’en aurai marre, que je risquais de connaître des désagréments du genre douleurs ligamentaires, sciatique, remontées acides et autres réjouissances…

La vérité c’est que pour le moment, je n’ai rien de tout ça et je m’en passe très bien ma foi!

Enfin si : pour être tout à fait honnête, je ne peux pas vous dire que c’est une époque de ma vie où je me sens particulièrement légère ahah ! Avec mes +14 kilos, je me traîne un peu c’est sûr! Ça tire parfois et une douleur intercostale se rappelle alors à moi pour me faire souvenir que non, je n’ai plus mon corps d’il y a 8 mois et qu’il convient de lever le pied, de corriger parfois ma posture et de réfléchir souvent avant d’amorcer un mouvement pour me retourner dans mon lit par exemple…

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Mais franchement, la vérité c’est que je tiens plutôt bien le coup pour l’instant et je m’attendais tellement à souffrir que finalement, la fin de grossesse m’apparaît d’une douceur sans nom !

Il faut aussi bien vous avouer que j’ai tellement MORFLÉ durant le premier trimestre que j’imaginais difficilement pire…

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Un premier trimestre affreux et interminable ! (surtout les mois 2 et 3)

Vous voyez l’état dans lequel on peut être quand on est grippée+gastro-entéritée+enrhumée+en asthénie totale ? En ben moi, j’étais dans un état pire que ça ! (au moins quand tu as la gastro et que tu vomis, ça va un peu mieux… moi, je vomissais trois fois par jour et ça n’allait pas du tout mieux pour autant… #CauchemarÉveillée)

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Ainsi, durant les 2e et 3e mois de grossesse, j’ai eu un vrai « coup d’arrêt » dans ma vie :

  • plus aucune sorties : tu es dans un tel état que tu ne peux plus envisager d’aller voir tes copines pour un déj, goûter ou autre. En plus, pour sortir, encore faudrait-il être en état de s’habiller…
  • plus aucun « staïle » : Évidemment plus de style puisque passer le moindre vêtement te coûte un bras… du coup bah tu reste dans le pyjama que le PtitSuper a bien voulu t’aider à enfiler et tu traînes ainsi du lit au canapé et du canapé au lit… #MaVieCeBonheur…

Je vous passe les détails concernant aussi la peau d’ado pré-pubère que je me suis tapée sur le front durant ces premiers mois ou encore la peau subitement très très sèche ailleurs sur le corps… Je n’y comprenais plus rien à rien dans ce ballet hormonal qui s’orchestre sans toi et sur lequel tu n’as tout simplement AUCUNE prise. J’ai donc subi.

  • plus aucune joie culinaire : C’est simple, la majorité des aliments te dégoutent et pourtant tu as besoin de manger pour éviter un minimum la sensation de nausée… va t’y retrouver là dedans… Et quand tu arrives à avaler quelque chose, et bien tu le vomis peu de temps après. Bref ! #LifeIsBeautiful

Sans compter le problème de l’odorat. En temps normal, j’ai déjà un nez de chien de chasse (très handicapant d’ailleurs, la moindre activité peut se révéler une torture des plus sophistiquée comme prendre le métro par exemple, ou encore sentir, rien qu’à son odeur inhabituelle, que la stagiaire sera malade le lendemain… véridique).

Durant le premier trimestre de grossesse, je ne supportais plus aucune odeur. Même des odeurs de savon. C’est durant cette période que PtitSuper avait eu la super idée (qui partait d’un bon sentiment c’est vrai, mais l’enfer est pavé de bonnes intentions n’est-ce pas…) de nous cuisiner…DES GAMBAS ! Oui M’sieurs-Dames, vous avez bien lu. Et frits hein, sinon c’est moins marrant. Comment vous dire que ma maison a senti la crevette bien grasse pendant 3 jours en dépit de l’aération sauvage alors entreprise par mes soins durant 48 heures ! C’était un enfer…

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  • plus aucune douche normale:

Se laver devient une vraie tannée en fait ! J’ai réalisé durant mon premier trimestre de grossesse à quel point les gestes pourtant simples effectués lors d’une banale douche requéraient en fait une énergie de dingue ! Rester debout tout ce temps ?! Impossible. Sans parler de l’après douche : s’essuyer, démêler sa tignasse, la sécher et la mettre en forme : comment avais-je réussi à faire ça durant des années auparavant sans finir complètement crevée ?!!!

Ma chère mère a eu pitié de moi et m’a alors apporté un petit tabouret de douche pour que je puisse au moins m’asseoir et ne pas avoir à supporter le poids de ma carcasse durant cette épreuve agonique !

  • Plus de coupe de cheveux digne de ce nom : Mes longs cheveux sont en effet rapidement devenus un VRAI problème puisqu’ils demandaient beaucoup trop d’entretien par rapport à l’énergie archi-réduite voire nulle dont je disposais à ce moment là. Mais aller au coiffeur n’était pas une option puisque, comme indiqué plus haut, je n’avais plus de jus pour me mouvoir ni pour m’habiller… ni pour supporter de rester assise dans un salon de coiffure au milieu de la chaleur, des odeurs de shampooing etc. Inenvisageable.

C’est là que PtitSuper intervient heureusement !!!! Mon mari m’a en effet littéralement sauvé la mise en acceptant de s’improviser coiffeur : certes il avait la main un peu tremblante, certes il avait peur d’esquinter ma coupe et que je lui en veuille ensuite… mais il n’a pas flanché et en trois-quatre gros coups de ciseaux a raccourci de plusieurs dizaines de centimètres mes cheveux.

Ma reconnaissance était sans nom ! PtitSuper a également donné de sa personne, très souvent, pour démêler mes cheveux, me rattraper quand je faisais un énième malaise vagal etc.

#PourLeMeilleurEtPourLePireNestCePas ?!

  • Plus aucune dignité : il se trouve que ma belle-mère nous a rendu une visite qui était prévue de longue date au moment où j’étais au fond du gouffre, en plein milieu du 2e mois de grossesse. Je ne pouvais pas prévoir en effet que j’allais être si mal.Je sais pas ce que vous en pensez mais dans les films franchement, on nous ment on nous spolie ! Quand j’ai appris ma grossesse, j’étais en joie et je m’imaginais déjà gambader dans tout Paris, continuer ma trépidante vie entourée de mes copines et la tête pleine de projets à réaliser, enceinte mais fraîche comme une fleur et plus dynamique que jamais ! #FAUX #ERREUR ! #GraveErreur

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Mon premier trimestre n’a pas du tout été comme dans les films, ou alors un film d’horreur vous voyez, plutôt un truc du style Rosemary’s baby que En cloque : Mode d’emploi quoi… Ah ça non : j’avais pas du tout envie de rire !

Ainsi, lors de son séjour, ma belle-mère a pu me découvrir sous un nouvel angle : celui de la fille anéantie et tellement elle était choquée de me voir dans cet état qu’elle en était à me poser des questions du style : « Mais tu penses que tu vas tenir le coup ?! » A ce moment là, pour répondre très sérieusement, j’en doutais avec elle! Ahah ! (Coucou Mamiza !)

  • Plus aucune sérénité : Enfin, dans la mesure où j’ai eu un hématome rétroplacentaire en début de grossesse, je peux vous dire qu’on n’était pas vraiment tranquilles ni sereins… J’avais la crainte permanente que la poche se décolle complètement et que le bébé ne tienne pas… c’était super stressant et les premiers mois ont été, notamment pour ça, assez compliqués à gérer psychologiquement, émotionnellement en plus de l’aspect physique de la chose et de l’impact sur ton mental. Je n’osais même plus me moucher et à chaque éternuement l’angoisse me saisissait… (oui je suis de nature anxieuse lol).

Non, vraiment, sur le coup, c’était pas du tout une période facile ni évidente à gérer et ça coïncidait pile poil avec le lancement de mon Cabinet etc. #Bref #Easy !

Je ne remercierais JAMAIS ASSEZ PtitSuper qui a été plus qu’à la hauteur et qui m’a apporté EXACTEMENT tout le soutien dont j’avais besoin. On s’est serré les coudes et sans lui, je ne crois pas que j’aurais surmonté tout ça aussi bien.

J’ai, durant cette période, souvent pensé aux mères qui décident de faire un enfant en solo durant cette période et me disais que vraiment, ça relevait du super-pouvoir de réussir une telle chose « seule ». Je pensais aussi aux mères et futures mères qui se retrouvaient seules sans l’avoir voulu (un certain nombre de copines Instagram sont dans ce cas) et vraiment, nourrissais le plus profond respect pour le courage inouï qu’il faut pour traverser ça.

*          *

*

Un deuxième trimestre sous le signe de la raclette  ❤

 

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Toujours est-il que je vous écris désormais en direct de mon 9e mois de grossesse et que j’ai parfois encore du mal à y croire : en tous cas, je suis drôlement fière de nous! (L’auto-congratulation : la base).

Ça m’a bien souvent semblé inatteignable et pourtant j’y suis dans ce fameux 9e mois.

A compter du deuxième trimestre en effet, les choses sont progressivement rentrées dans l’ordre, comme c’est le cas la plupart du temps et j’en étais bienheureuse !

Plus le bébé (et moi !) grossissions et mieux ça allait : c’est qu’on s’accrochait mine de rien !

J’ai entamé une phase où la raclette est devenue ma Passion et j’en mangeais au moins 3 par semaine voir souvent plus (!) Il me fallait des choses FAT à manger, du gras, de la pomme de terre et encore du gras ! Moi qui n’aime pas, en temps normal les sodas me suis mise à boire plusieurs cannettes de SPRITE, ORANGINA et autre FANTA chaque jour ! Aussi, avant, je n’aimais pas trop les cornichons, mais ça c’était avant…

Bref, c’était assez fou comme, durant le deuxième trimestre, je ne me reconnaissais plus. J’étais une autre personne gastronomiquement parlant j’veux dire ! Et aussi, j’étais capable d’ingurgiter une quantité record de nourriture à chaque repas que mon petit estomac habituel ne m’aurait jamais permis d’avaler quelques mois plus tôt. Je dépassais même parfois PtitSuper niveau raclette (alors que PtitSuper n’a vraiment pas un coup de fourchette de mauviette hein!)

Durant le deuxième trimestre, je me suis donc bien renflouée et je crois que ça m’a fait le plus grand bien ! J’ai pris des forces. J’ai pris des rondeurs et ça m’a fortifiée. Mon corps en avait besoin je crois et je ne me suis pas vraiment retenue. Je n’en avais aucune envie : j’avais juste FAIM ! (Très faim). (Presque tout le temps). (Et certaine fois, je me serai bien levée en pleine nuit pour une petite raclette nocturne).

Un troisième trimestre passé à toute allure

Il touche déjà bientôt à sa fin en effet et je ne l’ai pas vraiment vu passer. Il a été rempli de plein de choses :

  • Les cours de préparation à la naissance,
  • Le suivi à la maternité et la familiarisation avec ce lieu,
  • La préparation de la chambre du bébé (qui a été synonyme chez nous de vrais travaux avec un chantier de plusieurs semaines et une implication totale du PtitSuper qui, cette fois-ci, ne s’est pas coupé de doigts !)
  • La préparation des vêtements et du linge du bébé, lavage, séchage, repassage, tri par âge et saisons, rangement dans le placard etc. Mission à ne pas sous-estimer : ça prend un temps fou en fait (!) (#MerciMamanPourTonAidePrécieuse !)
  • La réception des cadeaux de la liste de naissance et l’organisation de l’avenir,
  • La préparation des valises de maternité : une pour le bébé et une pour moi,
  • La préparation de plusieurs plats mis au congélateur en prévision des jours suivants la sortie de la maternité, histoire d’avoir des choses consistantes à manger et faciles à réchauffer car nous aurons certainement autre chose à faire qu’à cuisiner… (#MerciMamanBis !)
  • Ne pas oublier de prendre des photos dans tout ça pour garder les souvenirs intacts…

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Aujourd’hui, début avril, nous sommes donc là avec PtitSuper à nous regarder dans le blanc des yeux et à se demander : « Ok ! Que nous reste-t-il encore à faire ? à préparer ? » mais nous réalisons que nous sommes en fait arrivés au bout des différentes missions que nous nous étions fixées et que nous pouvons désormais nous dire que tout est à peu près prêt ! Tout est prêt… sauf nous peut être au fond (!)

Alors, ces prochaines semaines ou ces prochains jours, il semblerait intelligent de les consacrer à un recentrage sur nous, profiter de ces derniers instants à deux pour se reposer, aller au ciné, dîner en tête à tête et penser à la suite, l’envisager sans s’affoler à penser aux choses qu’il reste à faire puisque tout est fait, se préparer à l’idée d’être très bientôt trois, sentir encore tant qu’il est temps tous ces mouvements du bébé in utero et s’en amuser, réaliser que le mois prochain ne sera plus un autre mois de grossesse mais un mois de parentalité où tout sera nouveau. Se « poser » en somme pour arriver en bout de cours en forme et prêts pour le sprint final. Ce sont des moments spéciaux, précieux et un peu suspendus : où l’impatience et la peur sont frère et sœur, indissociables jumeaux d’une attente dont on sait la fin imminente. Comme c’est particulier ! C’est unique.

Cette étape de la naissance que nous attendons avec impatience mais qui me fait si peur en même temps… L’inconnu. On a beau suivre des cours de préparation, personne ne peut prédire l’avenir. Alors on s’en remet à tout ce qu’on peut, on se raccroche à tout ce qu’on lit ou entend. On se dit « il n’y a pas de raison »…

Mais parfois, le concret nous rattrape : hier par exemple, j’ai eu un coup de chaud, une angoisse subite, extrêmement brève mais très intense qui m’a presque fait me sentir mal (!) C’est parti d’un coup, comme c’est venu. C’était vraiment bizarre !

Vous savez, je suis ce genre de fille qui avait toujours son petit carnet pendant les cours de préparation à la naissance et qui notait ABSOLUMENT TOUT ! Quand je sens que je panique un peu, je relis mes notes, ça me rassure alors qu’au fond, je sais que ce petit cahier de notes ne me sauvera pas la vie, ne m’empêchera pas de ressentir la douleur des contractions ni l’inquiétude qui existera certainement jusqu’au moment où ça y est, nous aurons la certitude que notre bébé est là et qu’il va bien (et que moi aussi je vais bien ! #HypocondrieBonjour)

Certaines autres fois, j’ai carrément envie d’y être ! (Si si) Je me sens prête, j’ai envie d’y aller, de montrer ce dont je suis capable pour ce petiot dont j’ai vraiment hâte de découvrir le visage et la douceur du petit corps! J’ai envie que nous le rencontrions enfin ! Je veux aussi qu’il nous voit, qu’il nous sente, qu’il découvre sa maison et que nous commencions à lui lire des livres (…oui, je sais, ça ce sera un peu plus tard !)

Alors c’est ainsi que j’avance dans ces dernières semaines : en traversant des moments de grande sérénité, en me disant que ça va carrément le faire et que je vais m’en sortir comme une grande… et d’autres moments où, vraiment, je ne fais pas trop la maline en me sentant fébrile et peureuse. Dans ces moments là, je me dis que je ne serai pas seule (PtitSuper, c’est pas pour te mettre la pression hein ! lol).

Voilà, c’était important pour moi de poser là ces quelques impressions propres à ces mois de grossesse afin d’en garder une trace, un souvenir. C’est aussi une façon de penser à ce petit garçon dont nous devons normalement très bientôt faire la connaissance et que nous sommes, en dépit des épreuves de ces derniers mois et des incertitudes de l’avenir, si infiniment heureux d’avoir fabriqué !

Notre mélange à nous.

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3 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Cha dit :

    Très bel article : drôle, tendre et émouvant! Je retiens les astuces et me dis moi aussi « il n’y a pas de raison……. » 😉 Merci!

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  2. Très joli article 🙂 Profitez bien de ces derniers jours suspendus avant la rencontre avec votre petit garçon.

    Aimé par 1 personne

    1. Soucsouc dit :

      Merci Aurélie! ça m’a fait du bien de l’écrire. Marrant de recevoir ton message du bout du monde 🙂 Bises!

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