Le son de l’amour

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Dans quelques jours, mon bébé, nous fêterons ton premier mois de vie. Ces quelques semaines auront été d’une intensité rare et nous aurons marqués à jamais, nous tes parents.

De ces semaines remplies de rires et de larmes, d’émotions et de fatigue, je retiendrais notamment la bande-son, dont les accords comme les dysharmonies forment à mon sens une mélodie inoubliable : celle que produit l’amour.


L’amour, c’est tout d’abord le bruit des pas feutrés : ceux que j’ai effectués cette nuit où mes contractions ont commencées et où je me suis silencieusement installés dans la bibliothèque pour compter leur fréquence et leur durée. Inutile de réveiller ton père avant d’avoir la certitude qu’il s’agissait d’un vrai travail. Ainsi, seule, dans le noir, attentive aux sensations, j’ai compté. Durant deux heures, des contractions toutes les 4 à 5 minutes d’une durée d’environ 1 minute. Selon ce qu’on m’avait appris à la maternité, le compte était bon, nous allions donc te rencontrer dans les heures à venir. La chamade.

L’amour, c’est le bruit des respirations : la mienne lorsque cette nuit là j’inspire et expire le plus calmement possible, durant le travail, pour ne pas me crisper, assouplir mon corps douloureux, accompagner la contraction, t’accompagner toi ;

Ta respiration aussi : cette première bouffée d’air que tu as prise en venant au monde et toutes celles qui suivent, plus sereines, lorsque tu t’endors tranquillement sur nous, apaisé.

La vérité, c’est que depuis un mois, ton père et moi avons un peu cette impression de respirer vraiment pour la première fois. La chamade.

L’amour, c’est également le bruit de tes grognements ! Ceux que tu émets, semblable à un petit animal, dans ton sommeil. Ton berceau dans notre chambre nous permet d’en savourer la gamme complète et nous rions, rions en essayant de ne pas te réveiller : comment un si petit corps peut-il faire autant de bruits ?! Nous aimons tellement ces petits sons, marquant bel et bien ta présence sous notre toit… la chamade.

Mais l’amour, c’est également le son du silence : Ce silence durant nos nuits en tête à tête à la maternité. J’avais si peur de rester seule la nuit entière avec toi sans être capable de comprendre ce qu’il te fallait et de t’apporter ce dont tu avais besoin. Ah ça ! Que j’avais le cœur serré quand ton père devait nous quitter le soir en raison du règlement… règlement qu’il outrepassait tout de même en partant de la maternité bien plus tard que la limite fixée, avec la complicité compréhensive des sages-femmes.

Dans le même temps, j’aurais voulu que jamais ces nuits ne s’arrêtent.

Le silence de ces nuits et les regards que nous échangions alors au cœur de la pénombre, je ne les oublierai jamais… La chamade.

Il faut également parler du son lancinant de cette sonnerie, jour et nuit, dans les couloirs de la maternité : Un bip régulier que toutes les accouchées devaient entendre depuis leur chambre. Ce son, c’est celui qui retentissant quand une maman appelait les sages-femmes depuis sa chambre. Ce son, que d’aucun aurait pu juger gênant, étant rassurant : les sages-femmes étaient là, juste de l’autre côté de la porte. Elles veillaient. En cas de problème, il n’y avait qu’à biper. Ce son nous a accompagné tout du long de notre séjour. Seulement, la dernière nuit, celle où je commençais à te connaître et celle où j’étais le plus fatiguée : ce son n’a pas retenti une seule fois. Nous avons dormi l’un contre l’autre et n’avons pas été réveillés par tous ces bruits de couloir devenus habituels en quelques jours. Même le store de notre chambre n’a pas claqué cette nuit là. Ce fut une nuit sans vent. Cette dernière nuit fut une nuit suspendue et précieuse. J’ai rapidement cessé de m’interroger sur l’absence de bruits : pas un seul bip au cœur de la nuit dans une si grande maternité ? les sages-femmes n’étaient peut être plus là ? Mes voisines de chambre non plus ? Et l’équipe de garde alors ?

Peu importait : toi mon bébé, tu étais bien là… La chamade.

L’amour c’est bien sûr aussi le bruit des pas de ton papa lorsque chaque matin, fidèle au poste, il arrivait à la première heure à la maternité pour nous retrouver. Ah ! Je l’entendais arriver dans le couloir. Ma joie irradiait intérieurement. J’étais pressée de le retrouver, de lui raconter la nuit.

Je reconnais tant son pas : assuré et régulier, mais aussi toujours un peu pressé. Pressé de nous retrouver, de savoir comment la nuit s’était passée, pressé de te tenir à nouveau et de sentir ton petit corps tout chaud, pressé de rester à mes côtés, à nos côtés, pressé de me donner les croissants qu’il prenait le soin d’acheter avant de venir, pour me donner des forces, pour me requinquer (et aussi me consoler du crouton de pain qu’on nous donnait à la maternité ahah ! J’exagère à peine hein !)

Ces pas là mon bébé, ces pas là… La chamade.

L’amour, c’est le son d’un battement de cœur. C’est cette chamade qui ne nous lache plus depuis un mois. C’est également le son de ton propre cœur dont le ralentissement sur le monitoring au moment de l’accouchement nous donnait cet effroi que je ne souhaite à personne. C’est que le cordon ombilical n’avait rien trouvé de mieux à faire que de s’enrouler doublement autour de ton petit cou… mais tu n’avais pas dit ton dernier mot mon petit ! Dorénavant la seule trace de ce cordon reste ce mini nombril tout propre, si mignon : La Chamade !

L’amour, c’est les pleurs : ceux de joie qui se sont emparés de nous dès que tu as fait ton apparition : BOUM ! Quelle explosion ! A couper notre souffle (ce qui peut être assez dramatique pour l’asthmatique que je suis).

Il y a aussi le son de tes propres pleurs, toi qui découvrait pour la première fois notre monde : l’air, la pesanteur, le froid, la lumière : un peu brutal tout ça… Comment ? Il faut respirer maintenant ? Pourquoi je me sens si lourd tout d’un coup ? Mais vite : réchauffez moi !

Te voir pour la première fois et surtout t’entendre, le son de tes premiers pleurs : aucun mot ne peut décrire la douceur de tes premiers pleurs mais y penser seulement nous émeut au plus haut point. Rien à voir avec un sentiment humain. C’est donc ça que tout le monde appelle l’instinct ? Mais c’est beaucoup trop puissant ! … La chamade.

L’amour c’est le son des clapotis du bain ! Ce bain qui me stressait un peu au départ : j’avais peur de te faire glisser, que tu aies froid, j’avais peur de mal faire, de te faire mal au nombril, peur que l’eau soit trop chaude, pas assez etc. Pourtant c’est rapidement devenu un de nos moments préférés avec PtitSuper : tu aimes tellement ça ! Les clapotis du bain, c’est le bruit de la joie ! Notre salle de bain ne ressemble plus à rien, entre la table à langer, la baignoire, le porte-baignoire et cette eau qu’on renverse à grandes giclées (c’est que tu gigotes !) et ces coulées de liniment qu’on retrouve même sur la fenêtre de la salle de bain (j’exagère à peine !) : Notre salle de bain est devenu une zone de bazar. Mais quel joyeux bazar ! On est pressé, on a hâte d’être au prochain bain : nous sommes si content de te voir content, le bien-être sur ton petit visage, c’est trop la vie ! La chamade.  

L’amour c’est aussi, depuis un mois, le son de notre parquet à la maison: Je n’avais jamais remarqué, avant que tu n’arrives, à quel point il grinçait ! Maintenant qu’il est capital, pour toi et ta croissance, de dormir, je m’en rends compte : ce parquet, pour joli qu’il soit, grince beaucoup trop! J’aurais presque envie de le remplacer par du lino (même si c’est pas beau)! Nous voici donc à identifier consciencieusement les lattes à éviter lorsque tu dors… No chamade pour le son du parquet du coup hein…  

L’amour fou, c’est les bruits de petit animal que tu fais quand tu bois ton petit lait : un petit animal tétant ❤

Comment se remettre du bruit de ta parfaite petite déglutition et du lait qui coule dans ta petite gorge. J’ai l’impression que c’est le son le plus essentiel au monde ! Quelle Chamade…

La vérité, c’est que j’aime absolument tous les petits bruits que tu fais mon bébé. Même le bruit de tes pets ! Ahahahah !

L’amour, c’est la voix de PtitSuper : quand il te parle, te raconte un tas de choses auxquelles tu ne comprends rien mais que tu écoute parfois avec tellement d’attention qu’on a vraiment l’impression que tu percute carrément !

C’est aussi le son de ta propre voix : qui s’affirme un peu plus chaque jour, tu te renforce mon bébé, tu grandis, tu prends du cuissot et du coffre aussi. Tes gémissements et vagissements des premiers jours se sont transformés en vrais cris : des cris d’exigence. Tu nous ordonnes de te nourrir, te changer. Nous aimons ces cris plus forts, plus puissants chaque jour. C’est notre joie. Grandis mon bébé, devient fort et continue toujours d’exiger le meilleur : tu en as le droit, le devoir. C’est à ce prix que nous, tes parents, serons tranquilles à jamais.

Ce mois a été extrêmement dur par moment, la fatigue étant de loin la chose la plus difficile à gérer. Ce mois a été merveilleux pour le reste. Et même cette fatigue, je crois bien que je l’aime tant elle symbolise de choses.

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L’amour, c’est ce bruit de chamade qui ne s’arrête plus,

qui nous accompagne depuis bientôt un mois et qui va nous accompagner, je crois, toute notre vie.

Une vie au rythme du son de cet amour.


PS : Vous voudrez bien pardonner toute faute d’orthographe qui aurait pu se glisser subrepticement dans ce texte que je n’ai pas pu relire pour cause de chialade intense chaque fois que j’ai essayé. A vot’bon cœur ! Merci !

Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. Cha dit :

    Bon eh bien ce billet m’a fait pleurer! Et pas sûre que ce soit uniquement du fait des hormones! Merci merci merci. Et vive la chamade… J’ai hâte!

    J'aime

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